Renaissance, crises et mutations : Les vins alpins du XVIIe au XIXe siècle
Le Grand Siècle des exportations
Au XVIIe et XVIIIe siècles, les vins des Alpes connaissent leur premier âge d’or, porté par des routes commerciales qui relient la Savoie et la Suisse à Turin, Lyon, Genève, Milan ou la Bavière. Les vins blancs de Savoie, réputés pour leur fraîcheur, partent en barriques vers les grandes villes. Les rouges du Piémont et les vins doux du Valais s’offrent aux tables princières.
- En 1750, plus de 30 000 hectares de vignes sont recensés en Savoie, soit environ dix fois plus qu’aujourd’hui (source : Vins de Savoie – Éditions du Félin).
Cependant, la traversée n’est pas sans heurt pour les vignerons alpins :
- La petite glaciation (1650-1850) abaisse les rendements et impose une rude sélection des cépages (notamment la Mondeuse noire et la Jacquère).
- L’invasion du phylloxéra, à partir de 1878, détruit des milliers d’hectares.
- La Révolution française brise les privilèges monastiques, redistribue les terres, parfois au profit de la polyculture et au détriment de la vigne.
Pourtant, le génie local s’exprime. On réinvente la culture en terrasses, on adapte les plantations à l’altitude et à l’exposition, et l’on privilégie les méthodes de vinification capables de préserver la pureté et la minéralité, signature indélébile du vin alpin.